Bienvenue sur le blog de la traduction de The meridian hour !

Bienvenue sur le blog de la traduction de The meridian hour !
Voici la traduction d'une fic des merveilleuses Cynical_terror et Undrockroll : The Meridian Hour !

La fic est finie en 18 chapitres.
Elle traite des membres du groupe Tokio Hotel, que ni Cynical_terror et Undrockroll ni moi-même ne possédons. Ce n'est qu'une pure fiction.

C'est une fic qui parle de changement de sexe. Les auteurs disent qu'elles l'ont faite en hommage à une autre, “Don't Wish to Know the Secrets of Summer At All.” écrite par Mnschoen, et elles la lui dédient.
Elles précisent que l'histoire sera complète, mais qu'il y aura de nombreux petits trous - la fic est écrite par petits morceaux qu'elles assemblent, des scènes choisies pendant la transition de Bill, et ensuite aussi quelques-unes après. Est laissé à votre imagination tout ce qui manque.


Le changement de sexe est un sujet assez atypique dans les fics, et bon ça change vraiment quoi.
Sur ce thème, je vous recommande la lecture de La face cachée de Luna par Julie Anne Peters.
Et aussi le film sublime Boys don't cry. Il est très dur, mais le rôle principal est juste trop géniallissimement interprété.

Au fait si jamais vous avez des images à proposer pour illustrer les chapitres, n'hésitez pas, car pour l'instant j'ai mis la bannière de la fic au début de chaque chapitre.

Le lien vers mon blog :
Gabuliellu

Vers mon blog de petites traductions :
Gabulielllu no trads

Vers la traduction de Analyzed :
Analyzed traduction

Donc voili je vous lâche la jambe. Enjoy !

# Posté le dimanche 26 avril 2009 12:09

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:06

The Meridian hour, chapitre 1

The Meridian hour, chapitre 1
Chapitre 1


Tom laissa Bill le pousser dans la couchette ; ses yeux regardaient le visage nerveux de son frère alors qu'ils se tassaient tous les deux dans le petit espace et qu'ils fermaient le rideau. Georg et Gustav étaient à l'arrière du tour bus et s'occupaient à mater des films, à se bourrer la gueule et à dire de la merde.

Tom aurait vraiment voulu les rejoindre, mais Bill passait avant. Bill passait toujours avant tout.

Et il voulait qu'ils parlent, et donc Tom n'était plus disponible cette nuit-là.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda Tom, mais il le savait déjà. Bill se tordait les mains et se mordillait la lèvre. "Bill ? Est-ce que tu as..."

"Oui," dit Bill. "Je... Je vais le faire."

Tom hocha mécaniquement la tête, ses mains devenant moites. Il fixa Bill, regarda le mignon petit visage de son frère, et soupira. "Tu es sûr de toi ?"

"On m'a fait passer l'expertise," dit Bill. "Et on a une pause qui arrive."

"Un mois ça ne sera pas assez long," dit Tom.

"On a déjà parlé de ça à David, et aux mecs, ils comprennent." Bill s'essuya les yeux, bien qu'il ne soit pas en train de pleurer.

"Une mise entre parenthèses complète," dit Tom.

Bill hocha la tête. "Probablement pendant un an, voire plus..."

Tom ne savait pas quoi dire ou faire ; il n'avait pas vraiment pensé que tout ceci soit pour de vrai. Il aurait dû le savoir, il aurait dû se permettre de s'habituer à l'idée. Bill avait l'air si fragile devant lui à cet instant. Il avait déjà l'air tellement plus féminin ; son visage s'était adouci et ses hanches avaient commencé à s'arrondir, régulières et courbes comme celles des filles que Tom avait baisées lorsque son c½ur s'était trouvé débordé par cet étrange et douloureux amour d'être avec Bill. On ne lui avait jamais dit que c'était possible de trop aimer quelqu'un.

"Je prends les hormones depuis quelque temps maintenant, c'est juste le bon moment," dit Bill.

"Mais tu as déjà l'air si différent maintenant," lâcha Tom. "Et après... tu vas..." La tête de Tom se pencha en avant et il put voir de petites gouttes d'eau tomber sur son jean. Il pleurait.

Bill se pencha en avant et le prit dans ses bras. "Je savais que tu n'étais pas complètement d'accord avec tout ça."

"Mais si, je le suis," dit Tom au travers de ses larmes. "Je veux ce que tu veux mais je t'aime, toi." Il renifla dans le t-shirt de Bill, reposant sa tête contre son doux torse. La dernière fois qu'ils avaient fait l'amour Bill avait refusé d'enlever son t-shirt. Tom aurait dû savoir, à ce moment-là, quelle décision Bill prendrait.

A cause des ½strogènes, la poitrine de Bill commençait à pousser et dans très peu de temps ils ne pourraient plus se montrer en public. Il ne leur restait plus qu'une semaine avant d'arrêter les concerts. Plus qu'une seule semaine, et après cette nouvelle vie prendrait le pas sur l'ancienne. Tom pleura un peu plus fort, se détestant pour ça, parce qu'il ne pleurait jamais et que ce n'était pas lui la fille.

Tom serra Bill plus fort.

"Tu peux toujours m'aimer," dit doucement Bill.

“Oui,” dit Tom sa voix se coinçant dans sa gorge. “Mais attends un peu. Il faut que tu me laisses un peu de temps pour que... C'est tellement énorme tout ça.”

Bill hocha la tête, regardant vers le bas. “Je veux que tu essayes.”

“Oh, Bill.” Tom accrocha le regard de Bill et il lui sembla qu'il voyait Bill pour la dernière fois. Il se pencha en avant et attrapa Bill par les épaules, le prenant dans ses bras, se laissant être aussi émotif qu'il en avait besoin. “Putain, bien sûr. Bien sûr. C'est juste que c'est... Tu sais. Tu es mon frère.”

“Ah oui,” murmura Bill. “Ca.”

“On est pareil. On l'était du moins.” Tom se mordit la lèvre. “Plus maintenant, pas vrai ?”

Bill secoua lentement la tête. “Plus depuis très longtemps, Tomi.”

Tom hocha simplement une fois la tête. Ca ça faisait mal ; cela faisait très longtemps qu'il savait que Bill pensait à sa transition, mais pourtant il n'avait jamais pu l'envisager vraiment, il n'avait jamais pu imaginer à quel point les choses seraient différentes. Ils étaient jumeaux, ils étaient nés jumeaux et il croyait qu'ils mourraient en jumeaux.

“On est encore jumeaux,” dit Bill, et Tom sut alors à quel point c'était vrai – Bill avait presque lu dans son esprit. “On est encore... tu sais. Si tu veux qu'on le soit.”

“Je veux qu'on le soit.” Tom renifla de nouveau, essuyant quelques larmes de ses yeux avec sa manche. “Crois-moi, je veux vraiment qu'on le soit.”

"Okay," répondit doucement Bill, toujours pas convaincu. Il ne doutait pas de l'amour de Tom, mais il ne se sentait pas du tout aussi confiant quant à l'attirance que Tom éprouvait pour lui. Il prit la main de Tom et la posa sur sa joue, et il ferma simplement les yeux en sentant la main calleuse de son grand frère glisser le long de son cou. "Ca ne sera pas si terrible que ça, je te le promets. Tout le processus... enfin, tu sais. Tu sais déjà tout. Ca va prendre beaucoup de temps et ça ne sera pas un si grand choc au final, tu sais ?"

"Mais, tu vas devenir une fille," dit Tom. "Une fille."

"Ca sera toujours moi, juste..." Bill se pencha en avant, pressant un doux baiser sur la bouche de Tom. "Juste encore plus moi. Ca sera mon vrai moi. Tomi, je suis tellement impatient que ça arrive, impatient et effrayé. J'ai besoin que tu sois là avec moi."

"J'ai peur moi aussi," dit Tom.

"C'est normal, c'est normal. Tout le monde n'est-il pas en train de flipper à cause de ça ?" Bill gloussa chaleureusement. "Je pense que David va faire une crise de nerfs et que le label est déjà en train de calculer combien ils vont perdre... Combien je vais foutre en l'air."

La colère embrasa Tom à ces mots. Autant tout cela l'effrayait, le désorientait, et le blessait, autant il savait une chose : il ne voulait pas que qui que ce soit doute de Bill ou l'accuse. Il embrassa durement Bill sur la bouche, cueillant son visage en coupe et glissant ses mains le long de son cou et de ses bras.

"Tu ne fous rien du tout en l'air," dit Tom au travers de baisers désespérés. "C'est juste toi, c'est ta vie et je suis avec toi. Putain, je suis avec toi."

Bill trembla dans les bras de Tom ; il craquait toujours lorsque Tom était aussi passionné avec lui. "Tomi, dis-moi que tu es impatient que ça arrive, que tu es..."

"Je suis impatient pour toi," dit Tom. Il embrassa le cou de Bill. "Je le suis. Je ne laisserai personne te dire que tu ne peux pas."

Bill se détendit contre Tom, les pressant tous les deux contre le petit lit. "Tu n'es pas aussi un tout petit peu impatient pour toi ?"

Il faisait noir dans la couchette, mais Tom pouvait quand même sentir la chaleur qui émanait du visage de Bill, même s'il ne pouvait voir le rouge sur ses joues. "Bill..."

Les mains de Bill touchèrent la mâchoire de Tom et ses lèvres. Il pressa un doigt à l'intérieur de la bouche de Tom. "Il va y avoir tellement de nouvelles choses avec lesquelles tu vas pouvoir jouer, Tomi."

Le corps de Tom fut parcouru par une intense chaleur, et ce n'était pas la première fois que cela arrivait alors qu'il imaginait les nouveaux jouets que Bill aurait pour lui. Mais il voulait son frère, il voulait Bill, le garçon qu'il avait eu toute sa vie.

"J'ai besoin de temps," dit Tom, se dégageant légèrement du toucher Bill. "Je ne peux pas juste..."

Bill soupira et s'allongea sur le dos. "Je sais. Je sais."

Ils ne parlèrent pas, restèrent juste allongés côte à côte et chevauchèrent les vagues de l'océan d'asphalte.

**

Quand Bill rentra dans sa maison ça parut enfin réel ; il était en plein changement, et sa carrière et sa vie allaient changer drastiquement, elles aussi.

“Bienvenue à la maison,” dit sa mère, se précipitant dans l'entrée et accueillant ses fils, prenant tout d'abord Tom dans ses bras. Puis elle se tourna vers Bill et le serra si fort dans ses bras qu'il pensa presque qu'il allait étouffer.

“Hey,” dit Tom, baissant la tête. Bill le regarda attentivement. Tom avait été assez étrange dernièrement, en quelque sorte distant, et Bill savait pourquoi.

Bill demandait beaucoup de la part de tout le monde, même s'il n'avait pas explicité la question de vive voix.

Est-ce que tu vas m'accepter ? Est-ce que tu vas accepter ça ?

Telle était la question et Bill ne savait pas quelle serait la réponse.

“Tom, emmène les affaires de ta s½ur dans sa chambre,” dit Simone. Les deux garçons restèrent bouche bée face à leur mère, face à ses mots. Bill était encore plus choqué que Tom. Il pensait qu'ils allaient devoir affronter une épreuve en rentrant à la maison, étant donné que tout le monde essayait de s'adapter à la situation, mais leur mère souriait et agissait comme si tout était parfaitement normal.

Elle agissait comme si Bill était déjà sa fille. Bill se sentit comme s'il allait fondre en larmes, mais à la place il serra de nouveau sa mère dans ses bras, encore plus fort qu'elle ne l'avait fait.

“Merci,” dit-il. “Mais tu n'es pas obligée de... um... dire ça.”

“Putain, Maman, c'est encore un garçon,” fut tout ce que Tom dit alors qu'il quittait la pièce, traînant derrière lui la valise de Bill jusqu'en haut des escaliers. Bill et Simone le suivirent du regard et Bill soupira, enfonçant son visage dans l'épaule de sa mère.

“Vous allez bien, tous les deux ?” demanda doucement Simone.

Bill recula d'un pas, baissant les épaules, puis les haussant. “C'est ce que je croyais, je ne sais pas.”

“Tu as besoin de lui.”

Bill hocha la tête. “Tu m'as manqué. Je suis vraiment content d'être à la maison.”

“C'est ici qu'est ta place, mon bébé,” répondit Simone, reprenant Bill dans ses bras. “Mon Dieu, on dirait que je peux pas m'empêcher de te prendre dans mes bras.”

“Arrête,” dit Bill, souriant un peu.

“Je peux pas prendre ma petite fille dans mes bras ?” chuchota Simone, et le c½ur de Bill se serra, il se sentait bizarre. “Oh, Bill.”

“Merci pour...” Bill s'interrompit, il ne savait pas. Pas encore vraiment. “Il faut que j'aille m'installer.”

Simone hocha la tête alors que Bill s'éloignait, jartant ses chaussures et se dirigeant vers les escaliers. Il monta, se sentant lourd et fatigué, chaque marche craquant d'une manière familière, et il entendit Tom dans sa chambre. Il savait que Tom tripotait sa vieille guitare acoustique, celle qu'il laissait toujours à la maison, celle qui semblait ne jamais se désaccorder.

Bill jeta un ½il dans la chambre de Tom et celui-ci leva les yeux. Il soupira et regarda de nouveau sa guitare, jouant quelques accords.

“Tomi,” dit Bill, bougeant pour aller s'asseoir sur le lit.

“Quoi ?” demanda Tom, ne levant pas les yeux de sa guitare.

“Pourquoi est-ce que tu es aussi furieux ?”

Tom ne répondit pas, il continua simplement à jouer.

“Ce n'est pas juste,” dit Bill, s'approchant. Leurs épaules se touchèrent. “Il faut que tu me parles.”

Il put voir la mâchoire de Tom se contracter, retenant peut-être des mots.

“S'il te plaît,” dit Bill.

Les doigts de Tom dérapèrent sur les cordes et il balança la guitare hors du lit d'un geste dramatique. Bill aurait levé les yeux au ciel s'il n'avait pas été si choqué.

“C'est toi qui n'est pas juste !” cria Tom. Il cogna Bill à l'épaule, juste assez fort pour que Bill laisse échapper un couinement de douleur. “Je t'aime comme tu es !”

La première réaction de Bill fut de pleurer, mais ensuite la colère explosa en lui. Il poussa Tom à l'épaule fort, l'obligeant à se coller dos au mur. Bill marcha à genoux et saisit le visage de Tom, ne le laissant pas s'échapper, bien qu'il s'y escrimât, et Bill l'embrassa sur la bouche, de manière désordonnée.

Tom résista en tout et pour tout deux secondes avant de rendre passionnément son baiser à Bill. Ils bougèrent sur le lit jusqu'à ce que Tom ait Bill sous lui et soit en train de s'écraser contre son corps.

Bill cria et tourna la tête, déconnectant leurs lèvres.

“Bill...” haleta Tom.

“Tu vois ? Tu m'aimes comme ça aussi,” dit Bill respirant directement dans la bouche de Tom. “N'essaye pas de mentir putain, tu m'aimes. Tu as juste trop peur pour l'admettre, tu as trop peur de moi.”

“Je n'ai pas peur,” dit Tom. Il essaya de se dégager de sur Bill, mais les bras et les jambes de ce dernier s'enroulèrent autour de lui.

“Je resterai toujours Bill, et tu as dit que tu m'aimerais pour toujours, que tu aimerais Bill pour toujours,” dit-il. “Tu l'aimes déjà, la stupide fille que je suis. Je suis une fille, .” Il attrapa la main de Tom et la força à se poser sur sa poitrine, la força à se poser là où son c½ur battait follement sous ses côtes.

“Tu n'es pas...” Tom geignit et saisit Bill, sentant le nouveau et doux renflement de sa poitrine. Bill gémit au toucher, mais roula hors de sous Tom.

“Je ne veux pas que tu touches là,” dit Bill. “Ils ne sont... pas bien pour l'instant.”

Tom lâcha immédiatement, frottant sa main sur son propre t-shirt, l'air en quelque sorte honteux. “Alors je ne... le ferai juste pas.”

“Je veux que tu le fasses.”

“Tu viens juste de dire que non. Putain, Bill !” hurla presque Tom. “Putain, arrête de changer d'avis, arrête d'attendre de moi que je n'aie aucun putain de problème avec tout ce que tu veux en fonction de ce qui te passe par la tête ! Putain mais tu es tellement égoïste, tu le sais ça ?”

Bill fixa Tom, il se sentait comme s'il voulait sangloter, mais il ne pleurerait pas. “Je sais,” répondit doucement Bill. “Je sais que je le suis, tout le monde sait que je le suis.”

Tom grogna et frappa le mur de son poing. “Donne-moi du temps. Je ne veux pas être en colère contre toi. Il faut juste que tu me laisses du temps.”

“Regarde-moi.”

Tom secoua la tête. “Peux pas. Désolé.”

“Il faut que tu sois capable de me regarder,” murmura Bill, touchant le menton de Tom. “S'il te plaît ? Je ne te demanderai rien d'autre...”

Tom s'écarta du toucher de Bill, et celui-ci soupira.

“J'ai juste besoin de temps.” La voix de Tom était impassible. “Je t'aime. Il faut juste que tu comprennes... Il n'y a pas que pour toi que tout ceci est un gros changement.”

“Je n'avais pas vu les choses sous cet angle.”

“Eh bien, peut-être que tu devrais.” Tom leva les yeux et cela lui fit presque physiquement mal de regarder Bill. “Je vais dormir un petit peu, viens me réveiller avant le dîner.”

“D'accord,” dit Bill, ayant l'impression qu'il venait de se faire jeter dehors à coups de pied. Il fit lentement demi-tour et marcha à la porte, qu'il ferma derrière lui.

Il prit une profonde inspiration et alla à sa chambre.

# Posté le dimanche 26 avril 2009 12:11

The Meridian Hour, Chapitre 2

The Meridian Hour, Chapitre 2
Chapitre 2


Bill s'assit sur le canapé, pliant ses jambes sous lui et regardant par la fenêtre. Cela faisait deux semaines qu'il était à la maison, le groupe était en arrêt pour une durée indéterminée. C'était à cause de lui, mais ils avaient tous agi comme s'ils étaient soulagés à l'idée d'un break.

Il se sentait égoïste de faire s'arrêter le groupe, parce qu'en fait c'était ce qu'il faisait, au final. Son groupe, leur groupe, n'existerait plus jamais tel qu'il était. Pas après ce que Bill s'apprêtait à faire. Autant il voulait croire qu'ils pourraient continuer, que leurs fans les soutiendraient et s'en moqueraient, autant il savait que la base de leurs fans serait confuse.

Mais il n'avait dit cela à personne, il restait positif face à David et au label. Ils devaient le savoir de toute façon ; ceci marquait la fin de Tokio Hotel. Et n'était-ce pas Bill qui était assez égoïste pour leur faire ça à tous ?

C'était pour lui pourtant, et il sentait qu'il avait tellement raison. Même si c'était douloureux, stressant, et pénible pour toutes les personnes impliquées, il devait continuer et faire avec. Il ne pouvait pas continuer à vivre sa vie comme ça, il avait besoin d'être vraiment lui-même.

“Bill, chérie,” dit Simone, entrant dans la pièce et s'asseyant sur le canapé à côté de son fils. “Qu'est-ce que tu fais ? Tu sais que je n'aime pas quand tu restes juste assise là. Tu es triste ?”

“Je vais bien,” dit doucement Bill. Il pleuvait dehors et il était trop fatigué pour détourner son regard des gouttes de pluie qui striaient la fenêtre. Le simple fait de bouger ses yeux était un trop gros effort. “Ne t'inquiète pas.”

Simone massa sa jambe, et tout était si tranquille dans la pièce. “Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui ?”

“Je pense qu'Andreas va bientôt passer.”

“Oh,” répondit Simone, touchant la couture latérale du jean de Bill. “Qu'est-ce que vous allez faire ?”

Bill haussa lourdement les épaules, décrochant enfin son regard de la fenêtre. “Juste traîner.”

Simone mit sa main sur celle de Bill et serra. “Est-ce que tu vas lui dire ?”

“Je suppose. Je ne sais pas.”

“Il a été ton meilleur ami pendant si longtemps,” dit gentiment Simone. “Je ne pense pas que ce soit juste de lui cacher un si gros secret. Tu l'as déjà dit à tous les autres.”

“Il va me détester, comme tous les autres me détestent.” Bill regarda le sol.

“Chérie,” dit Simone, ôtant quelques cheveux de son visage. “Pourquoi tu dis ça ?”

“Georg et Gustav... Tom... Ils pensent tous que je suis stupide,” marmonna Bill. “Je voulais juste passer du temps avec quelqu'un qui ne savait pas, quelqu'un qui se comporterait normalement avec moi.”

“Ton frère ne pense pas ça,” dit gentiment Simone. “Il est confus.”

“Je sais.”

Simone soupira, se levant. “Tu devrais penser à lui dire.”

“J'y ai déjà pensé,” répondit Bill, essayant de ne pas montrer son irritation. “Merci.”

Quand Bill fut de nouveau seul il se replongea dans la contemplation des fenêtres mouillées. Il ne regardait pas au travers ; en fait il regardait le verre, essayant de focaliser sa vision en plein air. Si seulement il pouvait se concentrer juste sur les gouttes de pluie, il maîtriserait le geste.

Bientôt, Andreas arriva. Simone le fit entrer et ils discutèrent un petit moment avant que Bill n'entende sa mère dire, “Elle... Il est là, tu sauras où... le trouver.”

Bill se sourit un peu à lui-même en voyant à quel point sa mère faisait attention aux pronoms. Andreas entra d'un pas sûr dans le salon, secouant ses cheveux mouillés de pluie et souriant à Bill.

“Hey !” dit-il. “Je ne savais pas que vous étiez rentrés, pourquoi tu m'as pas appelé ? Ca fait combien de temps que vous êtes là ? C'était tellement mort dans le coin.”

“Hey,” répondit Bill, se déplaçant sur le canapé et relevant ses genoux. “On est rentrés, ouais, ça fait un petit moment.” Ils n'avaient pas encore annoncé le break, mais celui-ci était déjà effectif. “On fait une pause, en fait.”

Andreas hocha la tête. “Cool, vous en avez besoin les mecs. Où est Tom ?”

“Au studio, il glande.” Bill essaya de sourire. Il espérait que ça n'avait pas l'air aussi forcé que ce qu'il ressentait. “Alors...”

“Est-ce que tu vas bien ?” demanda Andreas, fronçant les sourcils. “Pourquoi est-ce que tu es à la maison ?”

“On fait un break, je te l'ai dit,” répondit Bill.

“Non, je veux dire, pourquoi est-ce que tu n'es pas avec Tom ?” Andreas haussa un sourcil et Bill se mordit la lèvre. “Bill, est-ce que vous vous êtes encore disputés ?”

Bill secoua la tête. “Je suis juste fatigué.”

“Tu n'as pas l'air fatigué. Qu'est-ce qui ne va pas ?”

Bill grimaça presque. Il ne pouvait jamais s'en sortir en feintant quand il s'agissait d'Andreas. “Rien.”

“Mytho.” Andreas poussa Bill à l'épaule. “Le groupe se sépare ou quoi ?”

“Dis pas n'importe quoi,” dit Bill, en faisant une grimace. “C'est pas du tout un truc du genre.”

“Quoi ?” Andreas fixait Bill, commençant à avoir l'air inquiet. “Qu'est-ce qui s'est passé ?”

“Putain,” dit Bill, sentant des larmes lui monter aux yeux. “Je... tu vas le prendre super mal.”

Andreas fronça les sourcils. “Mais non. Je te le promets.”

Tom avait dit la même chose il y avait des mois et des mois de cela, mais c'était un mensonge. Peut-être qu'Andreas le pensait, peut-être que Tom l'avait pensé, lui aussi, mais ça ne voulait pas dire que c'était vrai. Les gens changeaient, Bill en savait quelque chose.

“Le groupe va faire une pause,” dit Bill. C'était à moitié la vérité. “On ne se sépare pas, mais...”

“Bon Dieu, mais pourquoi ?” demanda Andreas. “Tu m'avais jamais parlé de ça avant !”

“Tu vois, tu le prends super mal,” dit Bill. Andreas secoua la tête. “Mais si !”

“Je suis juste confus,” dit Andreas. “Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ?”

“C'est moi, tout est de ma faute,” dit Bill d'un seul trait. “Je ne suis pas... Depuis quelque temps je ne suis même plus moi-même. Ca t'a pas frappé ? Ca fait des années que je n'ai pas été moi-même, depuis vraiment longtemps, et en fait maintenant je ne peux plus.”

Dans les yeux d'Andreas se lisait qu'il se faisait réellement du souci, qu'il l'aimait vraiment, mais Bill savait que quoi qu'Andreas soit en train de penser, ça ne pouvait même pas ne serait-ce que s'approcher de la vérité. “Oh, Bill.” Andreas lui serra l'épaule. “Tu peux me le dire.”

“Ce n'est pas... ce que tu crois.”

Andreas serra plus fort. “Y'a aucun problème si tu veux... faire ton coming out, Bill. Ca ne détruira pas le groupe, les gens ne sont pas si stupides. Tu continueras à avoir des tonnes de fans.”

Bill rit presque, il aurait aimé que ce soit aussi facile, aussi simple. “Je ne suis pas gay,” dit-il.

“Bill...”

Cette fois-ci Bill rit vraiment. “Je suis une fille,” dit-il, riant toujours. “Je suis une putain de fille.” Son rire se changea en de petits sanglots saccadés, d'énormes larmes dévalaient ses joues. “Andreas, je suis une fille.”

Andreas se recula un petit peu, regardant Bill, son visage se contracta. “Quoi ?”

“Je suis pas... Andreas, j'ai commencé ma transition, je vais... Je vais subir une opération.”

“Une opération ? Je ne comprends pas,” dit Andreas. “Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es...”

“Je vais devenir une fille,” chuchota Bill.

Le c½ur de Bill se serra lorsque le visage d'Andreas se décomposa, lorsqu'il pâlit et se recula un peu plus.

"Mais ça ne veut absolument rien dire," lâcha Andreas. "Tu n'as jamais dit... Tu ne me l'as jamais dit."

“Je ne l'ai jamais dit à personne. Juste depuis quelque temps,” dit Bill, ne se souciant pas d'essuyer ses larmes. Il ne s'était pas laissé pleurer comme ça, pas depuis longtemps, et ça lui faisait du bien. “C'est en train de me tuer, de me tuer depuis si longtemps, Andi. Je suis une putain de fille. Tu vois ?” Bill se désigna, essayant de rendre cela aussi simple que ça. “Je suis... Je ne suis pas un garçon.”

“Mais si, tu en es un.” Andreas fronça les sourcils et se tendit visiblement. “Tout ça est si... Mais ça sort de nulle part ton truc.”

“Non.”

“Bill...” Andreas secoua la tête. “Tu es un mec. Je sais que tu es un mec.”

“Je sais que je n'en suis pas un.”

“Mais toi et Tom... vous êtes jumeaux...” Andreas s'interrompit, et Bill put littéralement voir à quel point Andreas essayait de traiter l'information. “Et donc tu es juste... C'est nouveau tout ça, pas vrai ?”

“Non, je le sais depuis des années,” dit doucement Bill. Il leva une main à sa joue, essuyant les larmes qui continuaient régulièrement à couler. “Je le sais depuis si longtemps, Tom a réagi de la même-”

“Tu ne me l'as jamais dit ? Tu le savais pendant tout ce temps et tu ne me l'as pas dit ? Tu l'as dit à Tom ?” Andreas avait l'air blessé maintenant, blessé et confus et un peu désespéré.

“Bien sûr que oui, c'est mon frère, je suis tout le temps avec lui, c'est mon meilleur ami. Et toi aussi tu es mon meilleur ami,” ajouta rapidement Bill lorsque le visage d'Andreas se décomposa un peu plus.

“Je ne comprends pas. Je ne...” Andreas se leva, ses cheveux lui tombant sur le visage, et il ne les dégagea pas comme il le faisait d'habitude. “Bill ?”

Bill hocha la tête, levant les yeux vers lui.

“Je dois y aller. Il faut que je... Je ne le prends pas mal,” dit rapidement Andreas. “Mais je ne crois pas que je sois... Tout ça c'est juste énorme. C'est énorme, et il faut que j'y pense... Je te verrai plus tard. Je t'appellerai. Je crois.”

Bill souffrait trop, en lui, à cet instant-là. Il regarda juste son meilleur ami s'éloigner, et il se roula en boule, recommençant à regarder par la fenêtre. Quand il entendit la porte se fermer, il se laissa de nouveau pleurer, plus fort cette fois-ci. Il pleura pour Andreas, et il pleura pour toutes les autres personnes dans sa vie qui étaient aussi confuses et blessées par sa décision. Bill ne pouvait pas se sentir coupable de ce choix, il ne pouvait plus se déchirer en deux à l'intérieur comme il l'avait fait jusque là.

Il avait pris sa décision et il était grand temps pour lui qu'il arrête de se sentir aussi mal à cause de cette décision.

“Bill ?” Simone passa la tête dans l'encadrement de la porte, l'air inquiet. “Billy, est-ce que ça va ?”

Bill se contenta de hocher la tête, laissant les larmes tomber silencieusement. “Je lui ai dit.”

“Je m'en suis doutée,” dit doucement Simone, venant se rassoir à côté de Bill. Elle lui frotta le dos et lui caressa les cheveux, les ramenant derrière ses oreilles, et se pencha en avant pour lui embrasser la joue. “Bon d'accord, j'ai entendu. J'ai tout entendu, je suis désolée.”

Bill secoua la tête. “C'est pas grave.”

“Il reviendra, chérie. Il va... C'est comme pour tout le monde, tu sais ? Tu as caché cette chose si importante. Tu n'es plus mon petit garçon,” dit Simone.

“Je suis toujours moi. Je serai toujours Bill.”

“Je sais.” Simone ébouriffa affectueusement les cheveux de Bill. “Je ne voulais pas dire ça comme ça, ma puce. Tu es toujours Bill, c'est juste moi qui ne te voyais pas comme il fallait.”

“Personne ne m'a jamais vu comme je suis à l'intérieur,” murmura Bill. Simone l'enlaça, le rapprochant d'elle. “Les hormones me donnent l'impression que je deviens dingue, aussi. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de pleurer ou de crier, mais je garde tout en moi.”

“Nous autres les femmes on peut vraiment être très émotives,” dit Simone. “Laisses-en sortir un peu, ou tu vas devenir folle.”

Bill ne put s'empêcher de sourire à ce que sa mère disait. Elle s'était vraiment montrée fantastique depuis le début de tout ça ; elle s'était même montrée impatiente alors que Bill savait très bien qu'en fait elle était morte de peur.

“Mon Dieu, qu'est-ce que je ferai sans toi ?” demanda Bill, se séchant le visage.

Simone ramena une douce mèche de cheveux derrière son oreille. “Tu devrais te résoudre à demander tes conseils de mode à Tom.”

Ils grimacèrent tous les deux et des rires emplirent la pièce pour la première fois depuis des jours et des jours.

**

Tom ne pouvait décemment plus aller se cacher au studio, ça commençait à énerver sa mère et à angoisser Bill. D'ailleurs Bill était plus angoissé qu'autre chose en ce moment.

Tom savait que ce n'était pas qu'à cause des hormones, c'était à cause de lui, aussi. Il voulait être là pour Bill, il le voulait vraiment, mais à chaque fois qu'il le regardait il était pris de l'envie de casser quelque chose, n'importe quoi.

Les hormones étaient en train de lui retirer son frère. Chaque jour Bill avait l'air un peu plus doux, un peu plus étranger. Cela faisait des années qu'ils ne se ressemblaient plus, mais ce n'était pas quelque chose de permanent. Bill pouvait retirer son maquillage et se reteindre les cheveux et Tom pouvait ôter casquette et bandeau, et ils étaient alors intrinsèquement identiques.

Mais maintenant...

Tom entra dans la maison silencieuse, cherchant à localiser Bill. Tom était rentré, mais il n'était pas sûr de pouvoir parler à Bill maintenant.

Il repéra sa mère dans le salon, elle lisait un magazine. Elle leva les yeux vers lui et quelque chose dans ses yeux le poussa à s'avancer et à s'asseoir sur le canapé à côté d'elle.

“Hey,” dit-il. “Où est Bill ?”

“Elle est dans sa chambre,” dit Simone et Tom grimaça au changement de pronom. Il ne pouvait pas gérer le fait d'entendre sa mère appeler Bill comme ça.

“Maman, Bill n'est pas...”

“Il faut qu'on s'y habitue, parce que c'est ainsi que les choses sont,” dit Simone et sa voix était très tendue alors qu'elle parlait. “Il faut que tu essayes.”

“Je m'y suis habitué,” répondit Tom. “Vraiment.”

“Tom...”

Tom se voûta. “Est-ce qu'il fait ça parce que... parce qu'il se déteste ? Ou qu'il me déteste moi ?”

“Elle ne te déteste pas, et je ne pense pas qu'elle se déteste,” dit Simone, essayant visiblement d'y réfléchir. “Elle ne déteste pas ce qui est en elle. En elle, elle est la même.”

“Comment tu le sais ?” Le ton de Tom était vif, et geignard, mais il s'en moquait. “A mes yeux il n'est plus le même.”

Simone secoua la tête, souriant faiblement. “Tom, chéri, tu sais que ce n'est pas vrai. Tu sais qu'elle est toujours Bill. Et tu sais qu'elle a besoin de toi, maintenant plus que jamais. Il faut que tu essayes et que tu sois fort pour elle.”

Tom savait que c'était vrai et ça lui déchira le c½ur de s'être montré aussi distant. “J'ai peur qu'il change et qu'il...” Il baissa la tête.

“N'ait plus besoin de toi ?” Tom hocha la tête, se sentant honteux. “Ca n'arrivera jamais, Tom.”

“Mais il... elle va être, je ne sais pas, être une fille,” dit Tom. “Je ne connais pas les filles, tu sais, je ne...”

“Tu connais Bill, donc tu la connaîtras,” dit fermement Simone. “Il faut que tu lui parles.”

Tom savait que cela aussi était vrai. Il se pencha vers sa mère et la laissa lui caresser les cheveux comme elle le faisait quand il était petit. Il se sentait petit et faible, mais il la laissa s'occuper de lui.

**

C'était une idée stupide, mais Bill devait absolument savoir, même s'il se doutait déjà du principal.

Il était en ligne depuis des heures, parcourant des sites et blogs de fans, et son visage était de plus en plus rouge à chaque minute qui s'écoulait. Personne ne connaissait la véritable raison pour laquelle le groupe faisait une pause, Dieu merci, mais les rumeurs que l'on pouvait trouver dans tout ce ramassis faisaient se contracter l'estomac de Bill.

Les gens pensaient que Bill était peut-être de nouveau malade. Il avait tellement été malade durant l'année passée et les fans étaient fous d'inquiétude à l'idée que Bill puisse être mourant voire même déjà mort. Les gens pensaient que le groupe se séparait, était en pleine chute libre, qu'ils se détestaient les uns les autres.

Certains fans pensaient même que c'était les jumeaux qui se détestaient.

Bill ferma son portable et s'assit sur son lit. La vérité les blesserait, il le savait, mais ça serait la vérité. Les fans ne méritaient-ils pas la vérité ? N'avaient-ils pas soutenu Bill depuis toutes ces années, dans tout ce qu'il avait entrepris ?

Ils lui avaient pour ainsi dire donné presque tout ce qu'il avait voulu, avaient réalisé ses rêves les plus fous. Les seules choses qu'ils ne pouvaient pas lui donner, c'étaient celles qu'il avait déjà ou qu'il obtenait par lui-même.

Il sourit un peu ; Tom et l'opération.

Il avait eu Tom pour lui des années auparavant, avec un simple baiser, et l'opération était une chose qu'il allait payer de sa personne... dans tous les sens du terme.

Il attrapa son téléphone qui se trouvait sur la table de chevet et passa un coup de fil.

**

Bill regarda dans le miroir du dressing et se maquilla les yeux d'une manière un peu différente de d'habitude. Normalement il essayait d'avoir l'air beau, son maquillage était une façon de se distinguer des autres et il trouvait qu'il le portait bien.

Cette fois-ci, cependant, il apposa son maquillage de façon à accentuer les traits de son visage, il lui donna un côté plus féminin. Son blush était plus rose et la zone située sous ses sourcils chatoyait.

“Tu as l'air superbe,” une voix s'éleva de derrière lui.

Bill se tourna et vit son frère, et il sourit. “Merci,” répondit-il, baissant les yeux. Il y avait toujours une étrange barrière entre eux. Ils s'étaient beaucoup crié l'un sur l'autre.

“Tu sais que je ne suis pas très chaud avec tout ça, pourtant,” dit doucement Tom.

“Je sais.” Bill tripota la boucle de sa ceinture et soupira. “Il faut qu'ils apprennent la vérité, malgré tout.”

“Tu vas sortir d'ici, tu vas leur dire ce qui se passe... Il n'y aura pas de retour en arrière possible,” dit Tom. “Ca sera définitif, ça sera fait. Ca aura un énorme retentissement. Ils vont tous péter un câble.”

“Non, c'est toi qui vas péter un câble,” répondit Bill, fronçant les sourcils. “Je vais sortir d'ici, je vais leur dire ce qui se passe, et il n'y aura pas de retour en arrière possible. Tu penses encore que je ne suis pas sérieux à propos de tout ça.”

Tom secoua la tête. “Non.”

“Si.” Bill se leva, ses genoux tremblaient légèrement. Il était tellement nerveux, et l'interview n'était plus que dans une demi-heure. “Tomi, j'ai besoin que tu sois... J'ai juste besoin de toi.”

“David est contre.”

“Je lui ai parlé. Vous verrez bien, tous autant que vous êtes. Cette interview ? Elle est pour le mieux. Je ne peux pas supporter toutes ces rumeurs, Tom. Est-ce que tu sais ce qu'ils disent à propos de moi ?” Bill sentit un n½ud se former dans sa gorge et il n'arrivait pas à croire que son corps voulait encore le laisser pleurer.

“Je connais les rumeurs, moi aussi,” dit Tom.

“Ils pensent que je te déteste, ou un truc du style,” dit Bill. Tom leva les yeux au ciel. “Tom, je dois juste... Il faut que je le fasse. C'est pas comme s'il s'agissait d'un hors série de Bravo ou quelque chose du genre. C'est un journaliste hautement respecté, pas de public, pas de n'importe quoi. Juste lui et moi, pas de caméra.”

“Même les journalistes respectés ont des journaux à vendre,” dit Tom.

Bill ne regarda même pas Tom, il ne voulait pas perdre son calme. “Ce n'est même pas une grosse interview, juste quelques mots et quelques photos.”

“Je pense que tu as besoin de plus de temps,” fut la seule réponse de Tom.

Bill soupira “J'ai attendu pendant toute ma vie,” dit-il doucement. “Tu n'as aucune idée de ce que c'est, Tomi. Peut-être que toi tu as besoin de plus de temps, mais moi je suis prêt.”

Tom se détourna de Bill et enfonça les mains dans ses poches. “Je ne veux pas que les gens te fassent du mal,” dit-il, la voix chargée d'une émotion brute. “Je ne veux pas que... Si même moi je n'arrive pas à le gérer, comment pourraient-ils y arriver ?”

Bill regarda dans le miroir et secoua la tête. “Ce n'est pas juste parce que les gens n'arrivent pas à le gérer que ça veut dire que je ne dois pas le dire, que ça veut dire que je ne dois pas le faire.”

“Mais c'est égoïste,” dit Tom, tournant sur lui-même. “Non ?”

Bill pouvait voir Tom dans le miroir, pouvait voir ses mains contractées en des poings fermés et son front plissé de rage et d'inquiétude. “Imagine ce que je ressens,” dit Bill, regardant ses ongles manucurés. “Imagine d'avoir toujours su que tu étais une erreur, que tu n'étais pas comme il faut. Imagine d'être enfermé quelque part où tu n'as pas envie, quelque part où tu es cloisonné, un endroit qui te fait constamment souffrir, un endroit qui t'insupporte, un endroit qui t'étouffe. Et que tu n'aies jamais rien dit et que tu ne te sois même pas autorisé à ne serait-ce que penser à le dire pendant dix-huit années.”

“Bill, ça ne peut pas être aussi-”

“Dix-huit années,” dit Bill. “Dix-huit années que j'essaye de gérer ça et de ne pas t'inquiéter toi, ou Maman, ou qui que ce soit. Je déteste... ça.”

“Est-ce que tu te détestes ?” demanda Tom.

Bill eut un rire las. “Je ne suis même pas moi-même, comment est-ce que je pourrai ? Mon moi n'est pas là, Tom. Il ne le sera pas jusqu'à l'opération, pas jusqu'à ce que ce qui se trouve ici,” il leva une main à sa tempe, “corresponde à ce que je vois là.” Il eut un mouvement pour désigner le miroir. “Imagine de regarder dans le miroir et de voir que c'est un parfait étranger qui te regarde en retour.”

Tom fit un pas en avant, tendant la main. “Bill...”

“Et maintenant dis-moi que je suis égoïste,” murmura Bill.

Tom laissa retomber sa main. Il était incapable de prononcer le moindre mot.

# Posté le dimanche 26 avril 2009 12:12

The Meridian Hour, chapitre 3

The Meridian Hour, chapitre 3
Chapitre 3


Le magazine était sorti dans les kiosques la veille, et Bill était nerveux. Il s'était senti trop mal à propos de ça pour s'être procuré un exemplaire sur-le-champ, il avait supplié sa famille de ne pas l'acheter et avait fait promettre à la petite poignée d'amis qu'il avait de ne rien lui en dire. C'était quelque chose qu'il avait besoin d'approcher à son propre rythme.

Il avait envie de l'avoir là tout de suite, pourtant. Il avait besoin de savoir quel portrait le reporter avait dressé de lui. Il avait déjà été incendié par les médias auparavant, et cette situation était si délicate et son ventre se tordait douloureusement d'anxiété à l'idée qu'il puisse apparaître comme étant totalement ridicule.

Durant l'interview il avait fait preuve d'une grande assurance, il s'était montré gentil, réel. Il s'était ouvert, s'était confié, et lors des photos, il avait regardé l'appareil et avait à peine souri. Il avait juste laissé son émotion parler pour lui.

Tom entra dans la pièce et s'assit près de Bill. Le silence plana durant quelques instants, puis Tom s'éclaircit la gorge.

“Quand est-ce que Maman le ramène à la maison ?” demanda Tom.

“Bientôt. J'espère.” Bill jeta un regard à Tom et soupira. “Elle a dit qu'elle revenait il y a une demi-heure.”

“C'était quel magazine déjà ?”

“Stern,” répondit Bill.

“Ah.” Tom glissa sa main sur celle de Bill, la tenant simplement, à peine. Ils ne s'étaient pas beaucoup touchés ces derniers temps, et leurs regards se plongèrent l'un dans l'autre. “Ce que les autres disent n'a aucune importance.”

“Je sais,” dit Bill. “Mais toi, qu'est-ce que tu dis ?”

“Que je suis... que je t'aime,” murmura Tom. “Peu importe ce qui peut se passer.”

Cela aurait dû réchauffer Bill, le calmer. Tom l'aimait, c'était quelque chose d'important, quelque chose dont Bill avait besoin. Mais il voulait plus que de l'amour, il voulait qu'on le comprenne.

“Je veux que tu voies,” dit Bill. “Je veux que tu voies comment je suis à l'intérieur. C'est ce que je veux que tu dises, je veux que tu dises que tu as besoin de le voir, toi aussi. Je veux que tu essayes et que tu le voies, je veux que tu m'aimes suffisamment pour te moquer totalement du fait que je sois un garçon ou une fille.”

Tom serra la main de Bill si fort que ses articulations craquèrent. “Je veux que tu t'aimes suffisamment pour t'en moquer totalement,” dit Tom.

Bill ne put pas dire à Tom qu'il n'était pas possible d'aimer l'étranger dans le miroir. “N'en parlons pas maintenant, je suis trop nerveux,” dit Bill. Il tourna sa main, paume vers le haut, et entrelaça leurs doigts. “D'accord ?”

Tom s'appuya contre Bill, ayant soudainement besoin que son frère les soutienne tous les deux. “D'accord,” dit-il.

Ils s'assirent, épaule contre épaule, en silence.

“Ca fait des années qu'on a pas attendu que Maman rentre à la maison comme ça,” dit doucement Tom. “Pas depuis qu'on avait... Putain. Douze ans.”

“Je me souviens de l'avoir attendue, exactement comme ça, d'avoir attendu qu'elle ramène le journal qui contenait un article sur notre groupe, sur un des spectacles qu'on avait faits,” dit Bill, souriant. “Elle mettait tellement de temps à revenir.”

“Et puis en fait il s'est avéré que le journal avait mal orthographié nos noms, avait carrément oublié Gustav, et avait plus parlé d'un scandale qui avait eu lieu des années auparavant dans le night-club où on avait joué,” ajouta Tom, riant.

“Putain, on était tellement excités, pourtant. Nos noms dans le journal !”

“Ouais, mal orthographiés et tout.”

Bill eut un sourire ironique. “Maintenant on n'a plus ce problème.”

“Gustav et Georg si, encore.”

Les jumeaux se regardèrent et rirent, un peu plus fort et un peu plus joyeusement qu'ils ne l'auraient voulu, mais ils étaient tellement anxieux qu'ils avaient besoin de quelque chose pour faire diminuer la tension.

“Et bien, j'espère que Stern va bien te traiter. C'est un bon journal,” dit Tom, levant la tête pour regarder par la fenêtre. “Voilà Maman.”

Le ventre de Bill se tordit. “Oh, non.”

“Ne t'en fais pas,” dit doucement Tom, serrant le genou de Bill puis se levant. “Je vais aider Maman à décharger les courses.”

“Très bien,” murmura Bill, s'enfonçant dans le canapé et amenant ses genoux contre son torse. Il prit plusieurs profondes inspirations et essaya de se calmer. Il n'avait aucune idée de ce à quoi s'attendre, et cela faisait des années qu'il n'avait pas été aussi anxieux pour un article de journal. Il avait appris à ne pas faire cas de ce que disaient les médias, à ignorer le négatif et à avoir un petit sourire satisfait quant au positif.

Mais là, c'était différent.

“Hey, chérie,” dit Simone, rentrant dans la pièce avec Tom sur les talons. Elle avait une petite pile de magazines dans les bras, et elle souriait faiblement. “J'ai acheté tout le kiosque.”

“Maman,” grogna doucement Bill. Il la rejoignit, lui jetant un regard suppliant. “Mon Dieu, il faut absolument que je le voie. Je me suis rongé les sangs toute la journée.”

“Attendons aussi Gordon, il est juste au bas de la rue,” dit Simone. “Je sais que tu es nerveuse. Je le suis, moi aussi.”

“Ca va aller,” dit Tom, s'asseyant et tirant sur ses dreads, ayant l'air de ne pas du tout savoir si ça allait aller.

“Et si jamais ils donnent l'impression que je suis un monstre ?” demanda Bill.

“Ma chérie, ils t'ont déjà montré la première ébauche et les photos,” dit Simone. “Tu n'auras pas de grosse surprise.”

“Ils peuvent changer absolument tout ce qu'ils veulent,” protesta Bill. “Et ils ont rajouté un sondage, ils me l'ont dit. Je ne sais pas du tout à quoi vont ressembler les résultats, ni même sur quoi il porte. Mon Dieu.” Bill essuya la sueur qui lui coulait sur le front, regardant vers Tom. Il voulait que son frère revienne juste à côté de lui, et lui prenne la main. Ca ne serait pas bizarre s'il faisait ça devant leur mère, si ?

Tom prit conscience de son regard, mais il ne bougea pas.

Quelques instants plus tard la porte s'ouvrit avec fracas ; le bruit des lourds boots de Gordon résonna dans l'entrée, le son se propageant dans le salon. “Je suis rentré !” appela Gordon et Bill tressaillit.

“On pourrait peut-être le regarder plus tard,” dit rapidement Bill. Simone déposa les magazines devant Bill et secoua la tête. “Maman...”

“Simone, est-ce que par hasard tu aurais acheté toute la boutique ou quoi ?” demanda Gordon, entrant dans la pièce avec le sourire aux lèvres. Personne ne lui sourit en retour et il s'éclaircit la gorge. “Um...”

“Très bien,” dit Bill, saisissant le magazine. Il le retourna du bon côté, regardant sa propre photo sur la couverture. Il avait l'air bien, décida-t-il. Peut-être un petit peu nerveux, mais à part ça ça allait. “Maman,” implora Bill, et Simone s'assit immédiatement à côté de lui.

Je ne suis pas moi proclamait la couverture, sous la photo de Bill.

A cette vue Bill leva les yeux au ciel. “Original,” dit-il, regardant la photo et la phrase de chanson recyclée. “Je n'ai jamais dit ça.”

“Ca pourrait être pire,” dit Tom, se rapprochant enfin. “Ils auraient pu utiliser des paroles de quand on était Devilish ou un truc du genre. Tu sais, It's so hard to live.” Tom ébaucha un sourire et Bill découvrit qu'il n'arrivait pas à s'empêcher de sourire en retour.

“Ne rends pas les choses encore pires qu'elles ne sont,” le taquina Bill, secouant la tête. Avant d'ouvrir le magazine, il leva les yeux. Sa famille était autour de lui, elle lui apportait son soutien. C'était bon, et la cuisse de Tom reposait tout contre la sienne. Il pouvait sentir la main de Tom sur son dos, et Bill se pencha un peu en arrière, accentuant le contact, et il se sentit soulagé.

“Bon, et bien voyons ça,” dit Simone.

Bill ouvrit le magazine et sauta jusqu'à son article. C'était un très gros truc, étalé sur quatre pages. Les photos scintillaient ; c'était un bon photo shoot, comme un grand nombre de ceux qu'il avait faits. Il scanna rapidement l'article des yeux et vit que tout semblait vraiment correspondre à ce qu'il avait déjà vu.

Il y avait au début un court retour sur sa vie, sur le groupe, et sur la controverse permanente qui entourait son look inhabituel. Une courte interview suivait dans laquelle il expliquait comment il se sentait, comment il ne s'était jamais senti à l'aise dans son corps, et comment il n'avait jamais voulu décevoir personne. Il avait expliqué durant l'interview à quel point il était effrayé non seulement de ce que les fans et le public allaient ressentir, mais aussi de ce que lui allait ressentir.

Ensuite l'article continuait en parlant de la pause qu'allait prendre le groupe, de sa transition, de son opération prochaine, et de tout ce qui se passerait entre.

Il ne semblait pas y avoir de formulation négative dans l'article, ses mots n'avaient pas été détournés. C'était un soulagement.

L'article était honnête et émouvant, exactement comme il le voulait, exactement ce que le label avait voulu. Ils voulaient quelque chose qui plaise aux fans, et bien que Bill se moquât plutôt de ce qui pourrait les aider à faire vendre plus de disques ou à gagner plus d'argent, il ne voulait pas bouleverser la base de ses fans.

Il tourna la page et vit le sondage. Que pensent les lecteurs de Stern du changement de sexe imminent de Bill Kaulitz ?

“C'est vraiment grossier de leur part,” marmonna Simone.

“C'est ce que les gens comprennent,” dit Tom, surprenant Bill. “Des mots simples.”

Bill se contenta de hocher la tête et se mit à lire. Quarante-sept pourcents des lecteurs le soutenaient. Quarante-six pourcents non. Sept pourcents étaient indécis.

“Wow,” murmura Bill. “Je ne pensais pas que ça serait si...” Il rapprocha un peu plus le magazine de son visage, lisant les commentaires de quelques personnes qui avaient répondu au sondage. “'Si j'avais voulu m'intéresser à un groupe de filles, je l'aurais fait. Tokio Hotel est fini.'... 'Ce n'était qu'une question de temps avant que ça n'arrive. Mais il devait seulement faire son coming out et avouer le fait d'être gay.' Aouch.”

“Arrête de te concentrer sur ceux-là,” dit doucement Tom. “Regarde plutôt ceux-ci.”

Bill dirigeait son regard vers l'endroit que Tom désignait. On est dans un nouveau millénaire, les gens changent, le monde change, et moi je dis, que ça lui laisse encore plus d'opportunités d'être qui il est.

Mon frère a toujours dit qu'il pourrait devenir gay pour Bill, mais maintenant ce n'est plus la peine ! Mais merde alors, s'il se fait opérer, ça veut dire que c'est moi qui vais devoir devenir gay pour lui !


Bill rit à cette citation.

Je suis fan de leur musique, un point c'est tout. Cela n'a rien à voir avec la musique et je pense que c'est génial qu'il n'ait pas peur d'être lui-même !

Il y avait encore quelques citations, certaines bonnes, certaines mauvaises, et certaines neutres, mais le c½ur de Bill se gonflait de joie. Bien sûr, ce n'était qu'un seul article, mais il ne se sentait presque plus aussi effrayé maintenant. Il n'était pas stupide, il savait bien que la tempête ne faisait que commencer, mais maintenant il était prêt.

Il avait des personnes derrière lui, c'était tout ce qui comptait.

Tom caressa son dos de sa main chaude et il se sentit enfin calme, bien dans sa peau, même si ce n'était que pour un petit instant.

**

Plus tard dans la nuit, Bill était allongé dans son lit, regardant le plafond. Il était épuisé et il avait passé toute la soirée à feindre l'exubérance pour sa famille. Ils avaient tous trouvé l'article tellement positif, tellement bien pour lui, et Bill savait qu'il l'était.

Il y avait juste quelque chose qu'il n'arrivait pas à se sortir de la tête. Peut-être que Tom avait eu raison ; peut-être que la situation était devenue irrévocable. Bill l'avait annoncé au public maintenant, et il n'y avait plus de retour en arrière possible. Il aurait dû se sentir bien, plus à l'aise, mais la seule chose à laquelle il pensait était ce que les gens avaient dû dire sur lui, avait dû penser de lui.

Il fit courir ses doigts le long de son torse et ses mains rencontrèrent les doux renflements de sa poitrine. Cela faisait huit mois qu'il avait commencé à prendre les ½strogènes et les effets avaient été très lents, mais tout à fait notables. Il n'avait pas besoin de porter un soutien-gorge, pas encore, et tout à la fois ça le soulageait et le peinait. Pourtant il commençait à avoir de tous petits seins, et il aimait les sentir sous ses mains. Il ne pouvait pas en remplir sa main, mais il pouvait vraiment avoir quelque chose sous ses doigts, et ça valait tout l'or du monde.

Bill tâtonna vers le tiroir de sa table de nuit et en tira en mètre. Il jeta discrètement un regard autour de lui, comme s'il pouvait y avoir quelqu'un en train de le regarder, et enroula le mètre autour de son torse. Durant les huit derniers mois il s'était mesuré, remarquant la croissance lente mais certaine. Ce soir ne changeait pas de d'habitude ; cela faisait plus d'une semaine qu'il ne s'était pas mesuré et il fut ravi de constater une augmentation.

Il releva lentement son t-shirt et fixa le plafond en rougissant, ses doigts touchant les mamelons qui étaient lentement devenus de plus en plus larges. Il ne les avait observés que quelques fois et il avait presque l'impression de faire quelque chose de mal.

Mais il adorait les sentir. Ils étaient à lui, et faisaient partie de la personne qu'il essayait de devenir. Ils étaient doux et tangibles sous ses doigts et il en pinça un délicatement, sursautant et adorant la sensation.

Il passa ses mains à plat sur son corps, prenant le mètre et l'enroulant tout d'abord autour de ses hanches puis de ses cuisses. Tout devenait de plus en plus large et cela rendait Bill heureux. Evidement il ne voulait pas devenir trop gros, il aimait son corps mince, mais ça ne le dérangerait pas d'avoir un peu plus de hanches et de fesses.

N'importe quoi du moment que ça rendait son corps un peu plus doux, un peu plus courbe.

Il lâcha le mètre et prit ses seins en coupe par-dessus son t-shirt, baissant les yeux vers eux et souriant. Ca ne faisait aucun doute dans sa tête qu'il allait sûrement avoir besoin d'implants, et il était anxieux de le faire. Bien sûr, si l'opération arrivait trop tôt ce serait un désastre. Il avait besoin d'un peu plus de temps et d'un peu plus de tissu mammaire, et alors il serait prêt.

S'asseyant sur son lit, il osa glisser sa main sous son t-shirt et il passa ses phalanges contre ses seins. Il frissonna et son pénis se durcit un peu dans son caleçon. Tout à la fois ça le perturbait et le transcendait.

Il n'avait pas été vraiment excité depuis des lustres, mais il détestait aussi se rappeler que, de fait, il avait une bite. Il allait devoir passer au-dessus de ça, ne serait-ce que pour le moment. Ca n'avait aucun sens d'être trop déprimé à cause de ça maintenant, surtout qu'il était en train d'avancer dans la direction qu'il voulait.

Il se rallongea et fantasma sur son nouveau corps, le corps qu'il allait avoir et dans lequel il se sentirait bien. Il faisait souvent ça, c'était la meilleure histoire qu'il pouvait se raconter avant de dormir.

Une main sur son torse, ses yeux se fermèrent et il était sur le point de vraiment se décontracter quand il y eut un petit coup frappé à sa porte. Il s'assit rapidement, plaquant sa main contre le matelas.

“Oui ?” appela-t-il.

La porte s'ouvrit sans réponse et Tom passa sa tête par l'entrebâillement.

“Qu'est-ce que tu fais encore éveillé à cette heure-là ?” dit Bill. Tom resta debout près de la porte, les mains enfoncées dans les poches de son survêtement de pyjama. “Rentre, Tom.” Bill soupira, il n'avait vraiment pas envie d'avoir à s'occuper de quoi que ce soit à ce moment-là, et Tom eut l'air vexé.

“Je peux m'asseoir ?” demanda Tom, s'avançant dans la chambre.

Bill descendit les couvertures et les ouvrit. “Viens là.” Si Tom avait besoin de parler, le moins qu'il pouvait faire était de venir tout près. La chaleur de son frère manquait à Bill, son réconfort lui manquait. Tom n'hésita qu'un petit moment avant de se glisser dans le lit à côté de Bill.

“Qu'est-ce qu'il y a ?” demanda Bill.

Tom roula sur le côté, faisant face à Bill. “Rien.”

“Ah oui ?”

“Oui.” La main de Tom vint caresser le cou de Bill. “Tu me manques.”

Bill se laissa emporter dans la caresse, ses yeux se fermant. “Tu me manques aussi.”

“Je me suis juste dit que... Je me suis dit qu'on pourrait peut-être dormir ensemble,” dit Tom. “Rien d'autre, juste...”

“J'adorerais ça,” dit Bill.

Tom eut un sourire hésitant et attira un peu plus Bill à lui. “Et qu'est-ce que toi tu fais encore éveillé si tard ?”

“J'étais juste en train de...” Bill soupira, complètement intoxiqué par le toucher de Tom. “Je réfléchissais juste.”

“Ne te fais pas mal surtout hein.”

“Ha, ha,” dit Bill, tirant la langue et baissant la tête. “En fait j'étais encore en train de me laisser emporter par mon impatience.”

“Bien,” dit Tom, un peu étrangement, mais son émotion était réelle. “Je pense que tu es fantastique, tu sais.”

“Vraiment ?”

Tom hocha la tête. “Oui, tu es... Tu te lances vraiment là-dedans. Moi j'aurais jamais eu les couilles.”

“Tom,” grogna Bill.

“Oh wow, désolé,” dit Tom, les joues rougissantes. “Je voulais pas dire ça.”

“Je sais.” Bill se pencha en avant et embrassa son frère, et Tom était si avide de ce baiser qu'il se pressa contre Bill et le domina presque. Tom tourna gentiment Bill de façon à ce qu'il soit sur le dos et Tom se plaça au-dessus de lui. Ils gémirent tous les deux, cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas été dans une position aussi intime, et cela rendit Bill légèrement mal à l'aise. Il pouvait sentir l'érection de Tom contre la sienne.

“Fais attention,” dit doucement Bill. “Fais attention, Tomi, je ne suis pas... Je n'en veux pas trop. Je ne peux pas.”

“Laisse-moi juste...” Tom baissa la tête et la reposa contre le torse de Bill, et il inspira. Déjà Bill avait une odeur plus féminine, un peu moins comme celle d'un garçon. Tom aima le subtil changement et il caressa l'épaule de Bill, glissant sa main sous le col de son t-shirt et touchant la peau nue.

“Tomi...”

“Je sais.” Tom leva le regard et embrassa les lèvres de Bill, et Bill se détendit immédiatement. “Ne t'en fais pas, c'est juste que tu me manques.”

“Tu me manques tellement... Ca fait si longtemps,” dit Bill, fermant les yeux et s'étirant sous Tom, leur permettant juste un peu d'être pressés l'un contre l'autre. Tom gémit dans l'oreille de Bill et Bill eut un petit sourire. Même si lui ne voulait rien faire de sexuel, son c½ur éclaterait en morceaux si c'était le cas de Tom.

Tom embrassa le cou de Bill, tout du long, et celui-ci apprécia le poids de son frère au-dessus de lui. Il aimait particulièrement le frottement contre ses tétons, il pouvait les sentir se durcir et il adorait la sensation de ses seins entre leurs deux corps.

“Tom, est-ce que tu... Est-ce que tu penses toujours que je suis...” Bill ne pouvait pas prononcer les mots. A ce moment-là il se sentait vraiment beau, et même sexy. Tom était partout sur lui, littéralement, et il avait besoin de savoir. “Est-ce que tu penses toujours que je suis sexy ?”

“Bon Dieu, Bill,” haleta Tom, enfonçant doucement son sexe contre lui, sachant très bien qu'il ne devait pas pousser trop fort. “Tu seras toujours sexy.”

“Merci,” chuchota Bill, satisfait de la réponse. Il se sentait audacieux, téméraire. Il prit une des mains de Tom et la fit glisser le long de ses côtes. Les doigts de Tom chatouillaient Bill au niveau de la couture de son t-shirt et celui-ci les prit et les pressa sous le tissu. Tout d'un coup il voulait que Tom sente ses doux seins, aussi petits qu'ils soient. Il partageait tout avec Tom, et il voulait partager cela aussi.

La main de Tom rampa sous le t-shirt de Bill et reposa sur sa cage thoracique. “Sens,” murmura Bill, se cambrant contre Tom. Tom garda la tête enfoncée dans le cou de Bill et glissa sa main un peu plus haut, et alors Bill sentit les articulations de Tom caresser ses tétons.

Bill laissa échapper un gémissement, non pas parce que c'était vraiment bon ou mauvais, mais parce que c'était une chose tellement privée. Il avait juste à peine exploré ses seins lui-même.

“Tom, est-ce que tu...”

Bill voulait que Tom prenne ses seins en coupe dans ses mains, voulait qu'il les tienne et les caresse, mais Tom retira sa main, s'asseyant rapidement. Tom se pencha en arrière, secouant la tête.

“Merde, je ne pensais pas que...” Tom ne pouvait pas regarder Bill. “Je ne pensais pas que je ressentirais ça.”

Le c½ur de Bill battait follement dans sa poitrine. “Ca quoi ?”

“Comme si...” Tom se mordit la lèvre. “Je t'aime, mais j'ai peur et ça rend tout ça réel.”

“Mais c'est réel, je te l'ai dit,” dit Bill. “Je te l'ai dit tout du long.”

“Oui, mais de le sentir...”

Bill saisit les draps et les déchira, jusqu'à l'endroit où ils étaient bordés, la colère s'enflammant dans son corps. “Bon Dieu, Tom ! Mais qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais prendre les pilules et les comprimés et que rien ne changerait ? Je vais avoir des nichons et je ne vais plus avoir de bite ! C'est comme ça et pas autrement.”

Tom tressaillit. “Bill, ne dis pas ça comme ça.”

“Je ne dis pas ça comme ça,” dit Bill. Il croisa les bras sur sa poitrine. “Je ne vais plus être un garçon. Pourquoi est-ce que tu crois que je me suis lancé dans toutes ces emmerdes ? Le dire à tout le monde, aller voir tous ces médecins. Tu étais assis à côté de moi pendant chaque visite médicale, tu étais assis là et tu souriais et tu me tenais la main. Tu m'as promis que tu serais avec moi.”

“Oui mais alors... alors ce n'était que des mots,” bégaya Tom. “Et bien sûr que je suis avec toi, mais tu comprends pas que j'ai peur ?”

“Est-ce que tu as peur de moi parce que je suis entre-deux, ou est-ce que tu seras encore effrayé quand je serai une fille ?” demanda Bill. “Parce que je pense que tu as réussi à surmonter des choses plus bizarres encore que ça. Baiser ton frère, par exemple.”

“Ne dis pas ça,” dit Tom.

“Tu n'es même pas gay. Pourquoi ne voudrais-tu pas que je sois une fille ?”

“Comment as-tu pu ne serait-ce que penser que qui tu es a la moindre chose à voir là-dedans ?” cracha Tom. “Je t'aime parce que je t'aime, et ça n'a aucune importance si qui que ce soit d'autre pense que c'est mal ou si je suis gay ou si tu es un garçon !”

“Dans ce cas pourquoi est-ce que le fait que je sois une fille a de l'importance ?” demanda Bill. “Aime-moi pour moi-même.”

“Mais ce n'est pas toi !” hurla Tom, se levant soudainement. Il désigna la poitrine de Bill. “Ce n'est pas naturel.”

“Me baiser n'est pas naturel,” dit Bill. Il baissa la tête. “Personne ne pourrait le comprendre, mais tu le fais quand même.”

“Mais j'essaye de comprendre,” dit Tom. “Je ne sais même pas pourquoi... ça doit être parce qu'on est à la maison. Maintenant ça a l'air réel et je n'arrive pas à le gérer. Je n'y arrive pas. Je t'aime, mais je n'y arrive pas.”

“Alors ne le gère pas,” dit Bill. “Alors putain, ne le gère pas.”

Tom n'avait pas de réponse à ça et Bill le savait, il ne fut donc pas surpris quand Tom quitta la chambre et qu'il se retrouva de nouveau seul. Il maudit ses seins, n'y tenant pas tant que ça à ce moment-là, et retira les draps au-dessus de lui.

# Posté le dimanche 26 avril 2009 12:13

Modifié le lundi 27 avril 2009 18:28

The Meridian Hour, chapitre 4

The Meridian Hour, chapitre 4
Chapitre 4


.quatre mois plus tôt.

Bill haleta, recherchant de l'air, repoussant Tom de sur lui.

“Bill,” gémit Tom, essayant de reprendre sa place au-dessus de son frère. “Bébé, je-”

“Je peux pas,” dit Bill, même si son ventre lui faisait mal tant il était excité et que son sexe était douloureusement tendu. Il roula sur le ventre pour cacher son érection. “On ne peut pas.”

Tom s'assit, son inquiétude se lisant sur son visage, et il caressa le long du dos de Bill. Ils étaient lancés dans des caresses extrêmement poussées avant que Bill ne le repousse et Tom ne pouvait nier qu'il était déçu. Ces derniers temps ils n'avaient pour ainsi dire eu aucune chance d'être intimes, pas avec leur emploi du temps surchargé à cause du tour et des promotions non-stop.

“Tu es malade ?” demanda Tom.

Bill leva les yeux vers Tom et fronça les sourcils. “Non. Je... c'est à cause de, eh bien, tu sais.”

Tom tressaillit à ces mots. Est-ce que Bill était encore en train de parler de ça ? C'était les hormones, les ½strogènes ; elles interagissaient avec la libido de Bill. Bill ne prenait les hormones que depuis quatre mois, mais elles le changeaient déjà. Et c'était une raison de plus qui expliquait cette période passagère de misère sexuelle. Bill n'avait pas l'air d'avoir envie, tant physiquement que mentalement, et Tom avait bien trop honte de demander quoi que ce soit sans rien donner en retour.

Mais cette fois-là Tom savait que Bill bandait, bandait vraiment fort. Et la chambre d'hôtel n'était rien qu'à eux, et ce pour toute la nuit.

“Qu'est-ce qui ne va pas ?” demanda Tom. “Est-ce que c'est moi ?”

Bill secoua la tête, l'air misérable. “Non. Je...” Bill fourra son visage dans l'oreiller et geignit.

“Bill, allez,” supplia Tom, “S'il te plaît, il faut que je sache. Qu'est-ce que j'ai fait ?”

Bill ne pouvait pas le dire à Tom. Il ne pouvait tout simplement pas. Tom réagirait mal et Bill ne pourrait pas l'en blâmer.

Bill s'était senti physiquement mal lorsque Tom avait touché son pénis. Son corps tout entier s'était tendu et tout ce qui était en lui avait hurlé d'une même voix non. Bill ne savait pas pourquoi ça arrivait, pourquoi ça arrivait maintenant.

Il n'avait jamais eu de problème à laisser Tom le toucher avant. C'était tellement dérangeant et bouleversant ; il avait besoin de Tom et il était encore tellement excité.

“Tomi,” dit Bill, se cambrant alors que Tom lui caressait le dos. Il roula sur le côté et s'essuya les yeux. Il pleurait, juste un petit peu.

“Oh mon Dieu, Bill, qu'est-ce que j'ai fait ?” Tom s'allongea à côté de Bill et le serra fort dans ses bras. “Bill, s'il te plaît.”

“Je ne sais pas si tu peux...” Bill ferma les yeux. “Si tu peux encore me toucher là.”

“Où ça ? Oh... vraiment ?”

“Je suis désolé,” chuchota Bill. “Mais pourtant j'ai envie de te faire du bien, j'en ai vraiment envie.”

“C'est la même chose de mon côté, Bill.” Tom avait l'air irrité, et il l'était. Son monde commençait et s'arrêtait avec Bill, mais ça commençait à être un peu trop là. “Je croyais que je te faisais du bien.”

“Mais tu m'en fais,” dit doucement Bill touchant le visage de Tom. “Mais je crois que maintenant, la façon dont tu peux me faire du bien c'est en... en ne me touchant plus.”

“Parfait.”

“Tomi,” dit Bill, fronçant les sourcils.

“Qu'est-ce qu'il peut y avoir à en dire de plus ?” Tom lança un regard acéré à Bill. “Tu es en train de traverser tout ce truc, et il est strictement impossible que je ne comprenne ce que c'est, et tu penses que je suis répugnant et que-”

“Pas toi. Moi. C'est moi qui suis répugnant.”

“Bill, tu penses que ta queue est répugnante ?” demanda Tom.

“En quelque sorte... Non. En fait, si.”

Tom secoua la tête. “Et tu penses que la mienne est répugnante ?”

“Non.” La lèvre inférieure de Bill commença à trembler, et Tom ne put que soupirer lourdement. Il ne savait pas si Bill allait encore pleurer, mais il le réconforterait, c'était certain.

“Très bien, donc je ne te toucherai plus.”

“Ce n'est pas que le fait que tu me touches,” dit misérablement Bill. “Je ne peux pas... C'est juste que je ne veux plus. Pas avant un moment.”

“Quoi ?” Tom s'assit, entraînant Bill avec lui, et lui saisit doucement le menton. “Redis-le.”

“Je ne veux plus qu'on... qu'on ait de relations sexuelles.” Bill refusait de regarder Tom dans les yeux. “Mais tu peux... Tu peux en avoir avec quelqu'un d'autre.”

“Ne fais pas ton abruti complet,” dit Tom, levant les yeux au ciel. “Bill... Bill, regarde-moi.”

Bill osa lever les yeux, quelques larmes roulaient sur ses joues.

“Bill, je ne sais pas ce que tu traverses mais si c'est la seule manière dont je puisse t'aider, et bien alors...” Tom haussa les épaules. “Alors je le ferai.”

Bill hocha légèrement la tête. “Tu peux en avoir avec quelqu'un d'autre, Tomi. Je suis sérieux.”

“Tais-toi,” dit Tom, l'air las. Bill se tortilla hors de son étreinte et Tom dut physiquement courir après Bill, dut enrouler ses bras autour de sa taille fine et le tirer tout contre lui. “Ne t'enfuis pas, okay ? J'essaye vraiment d'être là pour toi mais c'est difficile si tu t'enfuis.”

“Je suis désolé, Tom.” Bill se pencha en avant, embrassant chastement Tom sur la joue. “Mais pourtant, il faut que je sache si tu vas chercher quelqu'un d'autre.”

Tom fixa Bill, se demandant pourquoi il avait pensé que tout cette histoire de 'fille' était sortie de nulle part, parce qu'en fait Bill pouvait vraiment agir comme une femme hyper émotive parfois. Tom ne savait pas comment se comporter avec les femmes, mais il savait comment ce comporter avec Bill, et il lui caressa les cheveux et embrassa sa clavicule.

“Non,” répondit Tom. “Je ne vais pas m'enfuir, moi non plus.”







“Maman !” appela Bill du bas des escaliers. “Maman !”

“Une seconde, Bill,” dit Simone, sa voix étouffée. Elle était en pleine frénésie de nettoyage ; Tom était chez Georg et elle en profitait pour rassembler tout son linge sale. Tom n'était pas si bordélique que ça, en fait, mais récemment il s'était laissé aller et Simone n'arrivait plus à supporter le bordel.

Bill se sentait un peu responsable, un en sens. C'était lui la raison pour laquelle Tom était si différent ces derniers temps, si peu fonctionnel et disponible.

“On va être en retard !” cria Bill. Ils avaient rendez-vous chez le chirurgien plastique et Bill était plus que nerveux. Ses mains se mirent à trembler alors qu'il attendait. Aujourd'hui ils allaient enfin pouvoir décider d'une date pour la pose de ses implants mammaires. Evidement l'opération n'aurait pas lieu avant des mois, mais il avait fait de gros progrès, et ils pouvaient désormais choisir une date. Il commença à se balancer d'avant en arrière dans la cuisine puis finit par saisir son sac et ouvrir la porte. “Je vais attendre dans la voiture !”

Simone cria quelque chose en réponse, quelque chose que Bill n'entendit pas, et il fit un pas dehors. Sous son impatience il ressentait un petit serrement au c½ur, de déception. Ca allait être la première visite chez le médecin sans que Tom soit là. Il était toujours venu, même si ça impliquait de rester assis dans la salle d'attente pendant une heure à lire un journal à scandales qui datait pendant que Bill s'asseyait avec sa mère dans le cabinet du médecin.

Dès que Bill eût fait un pas dehors, il le regretta aussitôt.

“Bill ! Bill Kaulitz !” hurla un photographe, qui se tenait dans un buisson. Bill leva les mains et regarda autour de lui, horrifié. Il y avait plus de paparazzi entassés autour de sa maison qu'il n'en avait jamais vus, nulle part ailleurs.

“Bill, fais-nous un joli sourire !” Il se prit un flash dans la figure et il grogna, rabaissant les mains et voulant frapper du pied comme un enfant. C'était tellement injuste.

Il se tourna, essayant de retourner à l'intérieur, quand un autre cria, “Sympas, les nibards !”

Bill baissa les yeux. Sa veste était ouverte, et les petits renflements de sa poitrine étaient clairement exposés. Il avait choisi de porter un t-shirt serré à cause du rendez-vous. Il voulait se mettre en valeur pour le chirurgien, mais pas pour ces abjects photographes.

“Un sourire, un sourire !” appela un photographe et Bill se tourna, s'emparant de la poignée de la porte. Alors qu'il tirait pour ouvrir la porte, sa mère poussa, les exposant sans le savoir à un nouveau déluge de flashs.

Simone haleta et tira Bill à elle alors que les appareils photos clignotaient. “Hors de ma propriété ! Dehors, dehors !” hurla-t-elle, protégeant Bill des flashs. “Foutez-moi le camp !”

Bill geignit contre l'épaule de sa mère, où il avait enfoui sa tête. “Maman, arrête, tu ne fais que les provoquer,” dit-il.

Mais Simone était furieuse. Elle tint Bill contre elle et traversa la masse des photographes.

“Non, rentrons,” dit Bill, ébloui par les flashs. “Maman...”

“On ne va pas rater ton rendez-vous à cause de ça,” dit Simone. Elle couvrit Bill de son sac et ils marchèrent rapidement jusqu'à la voiture. Une fois à l'intérieur, les photographes continuèrent à les mitrailler au travers de la fenêtre, et elle saisit son portable.

“Qui... qui tu appelles ?” demanda Bill, tenant la main levée devant son visage. Simone démarra la voiture et appuya sur son téléphone pour faire le premier numéro enregistré en composition rapide.

“Saki,” dit-elle. “Je n'arrive pas à croire qu'on a pensé qu'on pourrait y arriver sans lui.”

Bill couvrit son visage de ses mains et grogna. “Et qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire, s'asseoir dehors toute la journée ?”

“Quelque chose en tous cas,” dit Simone, ensuite elle fut en ligne avec la compagnie Hambourg sécurité.

Bill reposa la tête contre le dossier de son siège et regarda le paysage défiler par la fenêtre. Il se sentait secoué, et comme exhibé. Il ne voulait plus jamais que ça se reproduise.

Il n'allait plus jamais quitter la maison, pour quelque raison que ce soit.


**


Tom ne pouvait plus le supporter. Il n'arrivait pas à supporter les images qui défilaient dans sa tête, les idées qui traversaient son esprit ; elles faisaient devenir ses mains moites et se retourner son estomac. Il s'était réveillé plus tôt dans la nuit à cause d'un cauchemar ; Bill était étendu sur une table, dépecé de partout, ses joues maquillées de rouge telles celles d'un clown, ses lèvres barbouillées de rouge à lèvres.

Il en avait presque vomi, il avait presque perdu les pédales et s'était forcé à aller dans la chambre de Bill, pour extraire l'image de son frère de cette vision d'horreur. Tom était à ce moment-là presque persuadé que ce qu'il voyait de Bill était une illusion. Comment son frère pouvait-il vouloir être ouvert et changé ?

Ils en avaient parlé de très nombreuses fois durant les quelques mois qui venaient de s'écouler, même avant le break pris par le groupe, et Tom aimait tellement Bill, il l'aimait au point qu'il n'avait pu que hocher la tête aux mots de Bill et promettre qu'il n'y avait pas de problème. Mais il y avait un problème. Tom était pétrifié face à Bill désormais.

Il saisit son ordinateur portable et l'alluma. Il serait éternellement reconnaissant envers Gustav qui l'avait poussé à acheter un portable, alors qu'il avait juré par tous les Saints qu'il n'en avait pas besoin, parce qu'il en avait besoin maintenant. Il avait déjà lu toutes les brochures sur le sujet, il avait même accompagné Bill chez les médecins, chez le psychologue, mais il avait besoin d'en savoir plus.

Il ne pouvait pas empêcher son imagination de se faire des films, aussi. Tom n'avait jamais été le plus imaginatif des deux jumeaux, mais dernièrement son esprit l'épuisait vraiment. Il était émotionnellement à bout, et ses nerfs étaient si tendus qu'il sentait constamment son ventre se crisper douloureusement. Ce n'était plus vraiment le fait qu'il soit en train de “perdre” Bill. Ca lui faisait toujours mal, mais maintenant il se rendait en plus complètement dingue, se demandant ce que Bill allait devenir. A quoi ressemblerait le nouveau Bill ? Que ressentirait-il au contact du nouveau Bill ?

Tom pourrait-il aimer ce nouveau Bill aussi désespérément qu'il aimait son ancien Bill ?

Tom connaissait les bons termes, ceux qui aboutiraient à une bonne recherche en ligne, mais il avait simplement été trop effrayé pour le faire, trop effrayé de ce qu'il pourrait voir. Il n'était pas encore sûr d'être prêt, mais il se sentait si malade de ne pas savoir qu'il fallait absolument qu'il le découvre.

Les doigts tremblants, il tapa les mots et les phrases qu'il avait entendus et appris. Il voulait juste voir ce qu'ils allaient faire à son Bill.

Durant les deux heures qui suivirent, dans l'obscurité de sa chambre, il regarda des pages et des pages de photos médicales, lut des témoignages directs de gens qui avaient fait leur transition, et il essaya de ne pas perdre le contrôle alors que ses mains vacillaient et que ses doigts tremblaient.

Les photos des procédés par lesquels Bill devrait passer étaient graphiques, choquantes, mais Tom ne pouvait pas s'arrêter de regarder. D'un certain côté, il s'attendait à pire. Il croyait que Bill allait être charcuté ; que tout son frère allait être mis en pièces et qu'on le lui enlèverait pour toujours.

Il croyait qu'il allait perdre Bill, qu'il y aurait tant qui serait enlevé de Bill. Que le corps de Bill serait ravagé et que tous les morceaux et toutes les pièces qui constituaient Bill seraient balancés aux ordures. Que tout ce que Tom aimait serait volé. Mais ce n'était pas vrai.

Tom se sentait stupide et nauséeux.

Bill ne perdrait au final pas tant que ça. Tout ce qui était déjà en Bill serait utilisé pour faire de lui quelque chose d'autre, quelque chose qui, alors que Tom regardait les photos, était reconnaissable et n'était pas si effrayant que ça après tout.

Tom se dit qu'il devait peut-être être un peu pervers de regarder des dizaines de photos avant/après, d'observer des hommes devenir des femmes. En fait, il ne faisait que regarder des pénis et des vagins, et quelque chose en lui, une chose qui avait gardé une certaine immaturité, lui donnait envie de glousser et de détourner les yeux.

Quand tout serait terminé alors Bill aurait...

Tom n'arrivait pas à le penser pour de bon. Il venait juste de commencer à imaginer Bill avec des seins, et ce n'était dû qu'au fait qu'il était directement confronté à leur lente et douce croissance quotidienne. D'ailleurs il n'aimait pas les termes médicaux, cliniques, de pénis et de vagin.

Si Bill allait avoir quelque chose, ce serait une chatte ou un minou. Tom éteignit l'ordinateur, enfin, rougissant à ses pensées. Est-ce que ça serait vraiment si mal que ça ? Il avait vu plusieurs photos d''après' qui étaient vraiment terrifiantes, mais c'étaient toutes des tentatives qui avaient eu lieu des dizaines d'années auparavant.

Toutes les photos les plus récentes n'étaient pas du tout horrifiantes. Il n'avait pas tant d'expérience que ça avec les filles, mais il savait à quoi elles ressemblaient. Il avait été avec suffisamment de filles pour savoir où se trouvaient tous les morceaux, pour savoir ce qui était normal et ce qui ne l'était pas.

Il savait reconnaître une chatte quand il en voyait une.

Il rougit de nouveau. Putain, pourquoi est-ce qu'il était tellement gêné à propos de ça ?

Bill en aurait une super, décida-t-il, en s'allongeant sur son lit. Bill n'avait que le meilleur, et il ne se contenterait pas de moins. Tom connaissait le magnifique corps de Bill du bout des doigts, tant dedans que dehors, il en connaissait chaque courbe et chaque angle aigu. Il bandait presque rien que de penser à Bill nu, à son corps mince. Il lui manquait, ce corps. Ca lui manquait de le toucher, ça lui manquait qu'il le touche.

La queue de Bill était sympa, douce, familière. Tom n'était même pas gay, mais il préférait nettement avoir la queue de Bill dans la bouche plutôt que de coucher avec une quelconque fille. Tom pensa à un mix des deux. Soudainement la queue de Bill aurait disparu, et il se serait changé en une fille quelconque. Mais il n'était pas une fille quelconque. Il était Bill.

Bill avec une douce et chaude chatte. Tom frissonna à la pensée, à moitié confus, à moitié excité. Il ferma les yeux et se le représenta convenablement. Il imagina Bill debout face à lui, nu, avec une belle poitrine, des hanches généreuses, et une chatte parfaitement rasée. Tom aimait les filles rasées, l'idée lui paraissait tellement attirante que c'était douloureux. Est-ce que ça pourrait marcher avec Bill ?

Il s'enfonça dans le matelas, glissant sa paume sur son sexe qui durcissait. Oui, ça pourrait marcher. Son corps répondait positivement à l'idée. Il imagina le même Bill, maintenant allongé sur le dos, les jambes écartées.

La honte le submergea lorsqu'il commença à se branler, en pensant à Bill et à son nouveau corps. Il ne semblait pas qu'il puisse s'en soucier ; et puis il pouvait fantasmer, non ? Il avait abandonné toute honte d'aimer son frère des années auparavant, même si personne ne pourrait comprendre ses sentiments, son besoin, et il essaya donc de ne pas non plus ressasser cette nouvelle honte.

Il bandait si fort que c'était douloureux, bandait si fort qu'il savait que cela ne prendrait que quelques caresses rythmées comme il faut pour qu'il jouisse. Il se lâcha et ferma les yeux.

Il n'était pas gay, alors pourquoi est-ce que Bill en fille ne serait pas encore meilleur que Bill en garçon ?

L'opération et les hormones ne feraient pas tout pour Bill, mais Tom savait qu'elles en feraient assez. Bill était déjà féminin (exactement comme Tom l'était, bien qu'il essayât de le cacher autant que possible), et ça ne demanderait presque aucun effort pour qu'il passe pour une fille en public. Bill avait déjà accidentellement été pris pour une fille, quelques fois.

Et Tom avait toujours pensé que Bill gérait ça si bien, avait toujours pensé que Bill supportait si bien cette erreur. Il n'avait jamais vraiment pensé au fait que, peut-être, Bill était ravi par cette erreur, qu'il en était même flatté.

Tom se représenta Bill penché en avant sur son lit, il se le représenta comme il était maintenant, en garçon. Il se rajouta dans le scénario, collé contre son frère, pressant ses doigts dans le cul de Bill. Bill était toujours si chaud et si serré, son corps tout à la fois résistant et accueillant la pénétration.

Tom gémit, sa main retourna sur son sexe, et il imagina s'enfoncer profondément en Bill. Putain, la dernière fois qu'il l'avait fait remontait à presque quatre mois. Il adorait le corps de Bill, adorait la façon dont il s'ouvrait pour lui, la façon dont il lui répondait.

Si Bill devenait une fille, est-ce que cela serait toujours pareil ?

Il haleta, ses mains défaillant sur son érection, alors qu'il s'imaginait Bill sur le dos, cuisses écartées et seins rebondissants. Tom était en lui, était en elle et il gémit. Est-ce que Bill serait doux et mouillé ?

Tom savait qu'il serait doux, et peut-être même mouillé. Il savait que le corps de Bill était capable de répondre à son excitation, était capable de fonctionner comme le corps d'une vraie fille.

'Mais il serait une vraie fille,' se morigéna-t-il. 'Il va être une vraie fille.'

Bill avait toujours été une fille à l'intérieur, réalisa Tom. Bill s'était toujours pensé comme étant une fille, et Tom commença à se sentir affreusement mal pour son frère. Combien est-ce que ça avait dû être horrible pour lui de vivre avec ça durant toutes ses années ? Tom gémit et se cambra sous son toucher, ses talons s'enfonçant dans le matelas et glissant.

Si Bill voulait changer ce qu'il était... Si Bill devait être qui il se sentait, alors Tom devait l'accepter. Il le voulait. C'était même en train de monter en lui. Les souvenirs qu'ils avaient étaient doux, et Tom ne les oublierait jamais. Jamais. Mais quand il pensait au futur, quand il pensait au fait de pouvoir baiser Bill sans préparation, son ventre se tordait d'excitation.

Il pourrait se jeter sur Bill et la baiser quand ils le voudraient. Il pourrait se glisser entre ses jambes, caresser son clitoris de son nez, la lécher et jouir fort en elle. Dès qu'ils le voudraient.

Tom eut l'eau à la bouche quand il pensa à pouvoir faire un cunni à Bill. Il n'était pas vraiment bon pour faire des fellations. Ce n'était pas une chose qu'il faisait beaucoup pour Bill. Mais il adorait lécher les filles. Il adorait la façon dont une fille sentait, il adorait le goût que ça avait.

Il était sûr et certain que de faire un cunni à Bill serait l'une des expériences les plus satisfaisantes de sa vie.

Tom se tortilla lentement, se branlant. Il était si prêt à jouir, prêt à avoir son premier orgasme en pensant à sa s½ur Bill. C'était très intense et il réalisa qu'il ne voulait pas le faire tout seul. Il était prêt à aller à Bill, si Bill voulait bien de lui.

Il sortit de son lit et alla à la porte. Il pouvait entendre l'eau de la douche couler dans la salle de bain, et il savait que ça devait être Bill. Il n'y avait que les jumeaux qui utilisaient la salle de bain du haut. Sans hésitation, Tom alla à la salle de bain, y entra et ouvrit le rideau de douche.

Bill cria et se retourna, se couvrant, les yeux grands ouverts.

“Tom, mais qu'est-ce que tu es en train de...”

Tom retira son boxer et grimpa dans la douche, poussant Bill contre le mur carrelé. “Bill,” gémit-il, envahissant l'espace de Bill. “Bill, s'il te plaît.”

Son érection caressa la hanche de Bill et leurs yeux se rencontrèrent.

“Tomi...” murmura Bill par-dessus le bruit que faisait l'eau en s'écoulant. “Je ne peux pas...”

“Laisse-moi juste voir,” dit Tom, tirant sur l'avant-bras de Bill.

Les bras de Bill couvraient sa poitrine, couvrait ses petits seins, et ses yeux étaient écarquillés. “Tu ne vas pas les aimer,” dit Bill. “Je ne les aime pas.”

“Je suis prêt,” fut tout ce que Tom dit. “Je bande si fort et je...”

Bill fronça les sourcils, incapable de dire à Tom que lui n'était pas prêt. Il ne voulait pas que Tom le voie comme ça, à demi formé et en pleine mutation. Il aurait voulu attendre jusqu'à ce que ce soit parfait, jusqu'à ce qu'il soit entièrement une fille et qu'il ne soit pas bloqué entre-deux. Avec réalisme, Bill savait que ça n'aurait de toute façon pas pu être possible.

Il voulait son frère et son frère le voulait, comment auraient-ils pu attendre ? Cela prendrait des mois et des mois avant que Bill ne soit complet, avant qu'il ne soit le parfait cadeau que Tom pourrait déballer. Ce serait cruel de couper Tom comme ça, en plein élan.

Et bien que Bill ne se soit pas vraiment senti d'humeur sexuelle ces derniers temps, ça lui manquait vraiment d'être intime avec Tom. La proximité lui manquait, et le fait de savoir que Tom le voulait lui manquait. Rien que le fait que Tom bande, que ses yeux soient noirs de désir, c'est ce qui fit décider à Bill que ça allait.

Il abaissa lentement les bras, exposant ses petits seins. Tom se pencha et les regarda fixement ; ils étaient petits, mais c'était indéniablement des seins. Bill pensait qu'ils étaient plutôt bien pour là où ils en étaient.

“Tom ?”

Tom ne releva pas les yeux. Il tendit une main tremblante en avant et la pressa contre la poitrine de Bill, fixant intensément.

“Tom, est-ce que tu...”

Tom rétracta sa main et laissa échapper un court sanglot, glissant au sol sans un mot. Bill était à moitié en état de choc, mais il se mit à genoux, dégageant les dreads de Tom de son visage.

“Tomi, s'il te plaît,” dit Bill. “Qu'est-ce qui ne va pas ? Est-ce que c'est moi ? Est-ce que c'est... oh mon Dieu, Tomi, je suis désolé.”

Tom secoua la tête, le corps secoué de sanglots et Bill enroula ses bras fins autour de son frère.

“Tu n'aurais pas dû regarder,” dit Bill. “Tu n'aurais pas dû.”

Tom ne dit rien et le c½ur de Bill se brisa un peu plus, encore un peu plus qu'à chaque jour qui passait.

Mais au moins cette fois Tom ne s'enfuit pas.

# Posté le dimanche 26 avril 2009 12:14